Conjuguer la forêt, l’énergie et le développement durable

29 novembre 2019

Auteur :

Marie Lacasse
Conseillère en gestion projets stratégiques
Conseil québécois de la coopération et de la mutualité

 

 

 

 

Qui n’a jamais eu le plaisir de chauffer le poêle à bois par une froide journée d’hiver? Synonyme de moment de détente, associé au chalet, près de la ressource donc pas loin du bois, ce plaisir ne laisse personne indifférent. D’autant plus que les technologies de combustion du bois ont beaucoup évolué au cours des dernières années, se chauffer au bois est écologique.

De nombreuses recherches existent sur le sujet. Saviez-vous qu’une nouvelle alternative écologique, encore méconnue, a fait son arrivée il y a déjà quelques années? Commençons par le commencement.

Fondée en 1985, la Fédération québécoise des coopératives forestière travaille au développement des coopératives de son réseau. Consciente de l’importance d’assurer un développement du réseau en bonne adéquation avec son écosystème, la fédération a adopté en 2012, une importante politique de développement durable. Les coopératives forestières ont appuyé activement le développement de la filière de chauffage à la biomasse résiduelle.

Cette filière mérite une attention particulière, car elle contribue de façon significative à la vitalité des territoires tout en offrant des solutions de chauffage beaucoup moins polluantes que les fournaises au mazout ou au gaz naturel. L’utilisation de la biomasse résiduelle pour le chauffage est une solution écologique pour les périodes de pointe d’utilisation de l’électricité en hiver ce qui aurait pour effet de réduire la demande pour de nouveaux barrages.

Qu’est-ce que la biomasse forestière résiduelle?

Proprement dit, la biomasse est issue des résidus forestiers. Plutôt que d’utiliser le bois, on utilise les branches, les écorces, les résidus de bois de construction ou de sciage. Toutes ces matières renouvelables destinées à être transformées en combustible constituent ce qu’on appelle la biomasse résiduelle. Nous avons une très grande richesse en biomasse forestière au Québec. Beaucoup d’avancées ont été réalisées dans le secteur et on trouve sur le marché des poêles très performants pour les particuliers, mais aussi des systèmes de chauffage à la biomasse forestière performants et écologiques dans plusieurs usines, chez les agriculteurs pour chauffer leurs serres et dans certains hôpitaux québécois.

De plus, comme la décomposition des matières forestières résiduelles dégage des gaz à effet de serre, sa valorisation pour le chauffage direct est une option écologique. Si nous considérons le cycle de vie complet de cette source d’énergie, elle constitue une stratégie dans un plan global de lutte aux changements climatiques. Par contre, il est bon de miser sur le développement de la filière dans les zones productrices afin de limiter le transport.

Notons qu’actuellement, nous utilisons localement seulement 25% de la production québécoise de granule de bois, le reste étant exporté. Ce chiffre a peu évolué lors des dernières années, malgré le travail du regroupement Vision biomasse. La voie des forestières trouve peu écho auprès des décideurs. Pourtant, l’utilisation de la biomasse forestière résiduelle est un complément aux autres usages de la forêt et permet de consolider les activités des coopératives forestières.

L’époque de l’exploitation des ressources naturelles sans conséquence est révolue. Nous devons, en tant que citoyens de la Terre, appuyer ces projets qui remettent en avant plan nos décisions de développement et l’équilibre de nos écosystèmes. Les forêts sont sources de matières premières, mais avant tout, de services environnementaux essentiels à la vie. Les coopératives, de par leurs valeurs, sont des véhicules idéaux pour construire des modèles d’affaires engagés envers la communauté et soucieux du développement durable. Après tout, le développement durable, c’est simplement de répondre à nos besoins sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. C’est une histoire à suivre!


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