Coopération et économie de partage : Même combat?

9 juillet 2019

Auteur :

Jérôme Gagné
Conseiller en gestion de projets stratégiques
Conseil québécois de la coopération et de la mutualité

 

 

 

L’économie collaborative est partout et aucun secteur d’activité n’est épargné. Un recensement récent[1] dénombrait 874 applications, où l’on pouvait : Prêter ou louer ses biens sous-utilisés tel son auto, son stationnement, sa chambre d’amis, ses outils ou son instrument de musique; Vous permettre de tenter dans ma cour, accoster votre bateau dans ma marina, louer mon wifi; Offrir ses services tel m’occuper de votre chien, vous préparer à souper, sortir avec vous en ville pour la soirée; Répondre à des besoins encore plus originaux, tels vous ramener un souvenir de voyage, vous laisser essayer le produit avant de l'acheter, vous permettre de jouer au golf dans mon club.

La seule limite semble être votre imagination.

Cette économie collaborative, dite de partage, est louangée par certains et condamnée par d’autres - tout est de la faute d’Uber et d’Airbnb, c’est bien connu. Une chose est certaine, cette forme d’économie et les transactions qu’elle génère font éclater la notion de propriété d’un bien et d’utilisation des espaces. Qui plus est, elle contrevient souvent à toute une série de règlementations et de lois en place, d’où la controverse autour de ce secteur d’activité.

Comme cette tendance lourde semble là pour rester, le temps est venu de se demander quelle est la place du mouvement coopératif dans cette industrie ? Ne sommes-nous pas la véritable économie collaborative… depuis près de deux siècles ?

À travers le projet Économie collaborative Montréal, nous nous sommes donnés ce défi de tisser des liens et de raffermir ceux existants entre le monde de l’entrepreneuriat collectif et celui des startups, notamment celles qui développement des plateformes collaboratives.

Au cours des prochains mois, nous allons mobiliser l’écosystème entrepreneurial montréalais (organismes de développement économique, financiers, milieu de l’entrepreneurship collectif et des startups), afin de promouvoir les valeurs coopératives et collectives auprès des acteurs de l’économie numérique montréalaise.

Notre mission sera notamment de convaincre de jeunes geeks qui travaillent beaucoup, souvent en groupe, qu’une coopérative ce n’est pas seulement une institution financière ou un regroupement de producteurs de lait. Ceci étant dit avec le plus grand respect pour ce que les coopératives financières et les producteurs de lait ont fait pour bâtir la prospérité du Québec.

Nous croyons sincèrement qu’il y a des coopérateurs qui s’ignorent dans le milieu des nouvelles technologies et du développement de plateformes.

Nous sommes aussi conscients que le modèle coop est victime de préjugés, fondés ou non, qui peuvent le rendre sans intérêt pour une certaine catégorie de jeunes entrepreneurs qui rêvent de voir un jour leur entreprise prendre de la valeur lorsqu’un requin, un dragon ou un ange découvrira enfin le potentiel de leur application et financera la compagnie. Il y a plusieurs idées préconçues à démentir à propos du modèle entrepreneurial coopératif, à commencer par les avantages individuels et collectifs, les valeurs démocratiques, d’honnêteté et de transparence…

Qui sait, avec le soutien de nos partenaires de l’écosystème entrepreneurial montréalais, peut-être allons-nous découvrir le prochain Alphonse Desjardins au milieu de gens qui rêvent d’être le prochain Mark Zuckerberg.

 

[1] Source : https://www.justpark.com/creative/sharing-economy-index/


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