Dans l’antre de Mondragón, Conseil québécois de la coopération et de la mutualité

Dans l’antre de Mondragón

29 mai 2020

Auteur :

Alain Blanchette
Directeur Gestion de projets et Positionnement de la marque coop
Conseil québécois de la coopération et de la mutualité

 

 

 

 

Chacun et chacune de nous se rappelle comment a débuté sa période de confinement, pandémie de la COVID-19 oblige. Mon confinement s’est entamé d’abrupte façon, au retour d’une mission professionnelle à Mondragon, situé au Pays Basque, en Espagne. Je vous partage aujourd’hui, mes découvertes sur cette antre coopérative, une référence mondiale, dont les tentacules n’ont plus de frontières.

Destination de choix pour le coopérateur initié que je suis, le prétexte de la mission consistait à aller à la rencontre de MONDRAGON Corporation, comptant 97 coopératives de travailleurs ou mixtes avec des consommateurs, implantées dans le Pays Basque, en plus de 141 filiales coopératives en opération sur 5 continents. Avant la pandémie, le chiffre d’affaires total dépassait les 12G d’euros avec plus de 81 000 emplois dans le monde. Environ 25M d’euros étaient retournés dans des projets de nature sociale.

De la vision initiale de son fondateur où la coopération est le puissant levier qui multiplie la force d’action, une ambition s’est développée autour d’un fondement. Tout accomplissement est naturellement une somme d’intentions car le signe de la vitalité n'est pas de durer, mais de renaître et de pouvoir s'adapter. MONDRAGON Corporation en a fait un engagement à réaliser de grandes choses. Si le travail d’équipe est lié à l’engagement de travailler et d’avancer ensemble, la somme devient une multiplication.

J’en fais mon premier constat, lorsque la vision, l’ambition et l’engagement dans l’action sont aussi inspirants, la recette de la réussite suscite des résultats éloquents. Les coopératives du groupe se retrouvent dans les secteurs de la finance, de l’industriel, de la distribution et de la connaissance. Bref, la synergie des secteurs apporte des capitaux nécessaires à l’indépendance et au développement des coopératives dans une diversité surprenante de domaines. Elles privilégient l’approvisionnement auprès des autres coopératives du groupe où le maintien de l’esprit coopératif autant que la recherche et l’innovation pour la quête de l’indépendance technologique, de la productivité et de la compétitivité demeurent des conditions essentielles incluses à la recette.

Un deuxième constat est que le modèle de gestion démocratique respecte l’esprit coopératif de bas en haut et de haut en bas. Chaque coopérative du groupe est autonome et chaque initiative proposée à celle-ci doit répondre à un besoin d’usage exprimé. Chaque personne rencontrée a témoigné de ses valeurs profondes et des particularités de son milieu de vie. Chaque membre participe à la vie démocratique de sa coopérative et en retire une grande valorisation professionnelle. Les relations entre les personnes sont simplement basées sur la confiance mutuelle.

Troisièmement, la croissance du groupe passe par la consolidation des coopératives existantes. Que ce soit par la recherche et l’innovation, les startups sont intégrées aux coopératives qui les ont accompagnées. Il est moins risqué de soutenir de l’interne une nouvelle pousse que de la laisser voler de ses propres ailes, surtout lors des premières années d’opération. Sur de nouveaux marchés à développer, la croissance se fait par filiale. De grandes coopératives comme ULMA en ingénierie civile ou FAGOR en production manufacturière, privilégient cette approche pour leur expansion.

Pour les gestionnaires de MONDRAGON Corporation, l’écosystème du Québec demeure un mythe à découvrir et duquel s’inspirer. Ils sont impressionnés par la variété des secteurs d’activités coopératives et mutualistes du Québec. C’est une grande leçon d’humilité de savoir que nous avons les mêmes ingrédients de la recette à notre disposition pour apprivoiser la nouvelle réalité individuelle et collective qui nous attend. Je ne me doutais aucunement de cette conclusion durant mon séjour. Je suis content de l’avoir partagée.

 


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